UNE PENSÉE POSITIVE

Tout amour semé, tôt ou tard, fleurira.



DIY DU JOUR... Idée cadeau...? ... un mangeoir pour oiseau!




TIRAGE AUX GOURMANDISES

Felicitations a dominiquemotte@gmail.com le gagnant du jour pour une gourmandises au BaZart.Café!



LIVRE DU JOUR DU TRACTEUR SAVANT


Âge tendre

Quand Valentin, originaire d’Albi, est envoyé en Nord-Pas-de-Calais dans un centre pour personnes atteintes d’Alzheimer lors de son service civique obligatoire après la 3ème, son ressenti est : très négatif. Les choses ne sont jamais simples pour lui et elles se corsent d’autant plus lorsqu’il promet à une pensionnaire que Françoise Hardy (dont il ignorait l’existence) viendra chanter pour elle. Un roman très riche, intelligent, drôle et coloré.


“Âge tendre” de Clémentine Beauvais, éd. Sarbacane, 17€


Librairie Le Tracteur Savant

5a, place de la Halle

82140 Saint-Antonin-Noble-Val

Tél: 07 82 55 72 27

Email: letracteursavant@gmail.com

Site : www.letracteursavant.com

La librairie est ouverte: du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et le dimanche de 9h à 13h



CRÉATEUR-TRICE À CONNAÎTRE

Katie Essam

Une source moderne et innovante de l’art textile se servant de techniques traditionnelles comme modernes. Elle s’inspire de la beauté de tous les jours dans toutes ces formes.

http://www.katie-essam.co.uk/


LE SAVIEZ-VOUS? de l'office de Tourisme

Au milieu du XIIe siècle, les vicomtes accordent à Saint-Antonin une charte des droits et des coutumes : c'est un moyen pour le pouvoir laïc de s’imposer comme principal interlocuteur face à l’abbaye.



L’HISTORIETTE DE EVELYN BOUSSARD & CO.

Les Jeannots de Barriac


Sur trois générations.

Dans cette famille, il y avait un chat, un chat sauvage qui ne demandait jamais de caresses et qui ne venait que pour la gamelle. Cela énervait Hervé le père, qui ne manquait pas de faire remarquer à Anna, sa femme, combien il lui déplaisait qu’on nourrisse des bouches inutiles. Mais, rien n’y faisait et Anna, une maîtresse femme qui menait d’autorité le foyer, remplissait toujours la gamelle du chat.

Un jour, Hervé le père entre dans la cuisine où Anna œuvre pour le repas du midi.

– Anna, j’ai tué le chat.

Anna se statufie devant le fourneau. Quand elle reprend son souffle, elle part dans une grande furie après son mari. Il la regarde en silence jusqu’à ce qu’elle se calme.

– Oui, peut-être as-tu eu raison ? c’était, comme tu disais, une bouche inutile. Au fond, tu as bien fait.

Alors, Hervé le père esquisse un sourire et en se retournant vers la porte qui donne sur la cour dit à l’adresse de sa femme :

– C’est donc d’accord, Anna, je m’en vais tuer le chat.


C’est Annette qui prend le frais en compagnie de sa vieille maman, toutes deux assises sur des prie-Dieu, devant les contreforts de l’église de St Antonin. Aline, la voisine, passe par-là et s’arrête pour bavarder.

– Dis-moi, Annette, tu ne connaîtrais pas quelqu’un qui vend de bons œufs.

– Que si, je te l’envoie.

Deux jours plus tard, quelqu’un heurte à la porte d’Aline. Quand elle ouvre, un inconnu, enveloppé d’une grande cape noire, la regarde intensément, jusqu’à lui faire peur.

– C’est pour les œufs, dit-il brusquement

– Ah, oui, c’est Annette qui vous envoie. Rentrez donc !

C’est un petit fermier du côté de Barriac. Il s’appelle Louis. Il fait aussi du lapin.

– Oui, je peux vous en amener un samedi. Mais, je n’aime pas les tuer.

– Ce n’est pas un problème. Mon mari le fera.

Tout compte fait, le bonhomme est très gentil et Aline est ravie d’être ainsi approvisionnée.

Tous les samedis donc, Louis de Barriac livre œufs et lapins.

C’est devenu un rite. Hervé fils, le mari, dépèce l’animal, le vide des entrailles, et le monte à la cuisine où l’attend Aline pour concocter le civet du dimanche. La cour intérieure où les lapins sont préparés est alors interdite au reste de la maisonnée qui comporte trois enfants en bas âge. Contre un mur, sous un figuier sauvage, s’allonge une potence dont on ne connaît plus l’usage et qui sert maintenant à accrocher le lapin de la semaine.

Tout se rythme bien, le passage de Louis, l’opération de la cour et le civet du dimanche, lorsqu’un samedi, Hervé oublie tout simplement de trucider le lapin.

– Laissons-le dans la cour ! Il y a de l’herbe. Il ne mourra pas de faim.

La semaine se passe. Les enfants ont pris l’habitude d’aller voir le Jeannot dans la cour. Quand il s’agit de le transformer en civet, Aline et les enfants ne sont plus d’accord.

– Nous n’allons certes pas faire cela, déclare Aline avec autorité. Ce lapin est absolument adorable et les enfants ne seront pas contents. Attendons le lapin de la semaine prochaine.

Ainsi donc, Jeannot lapin devient le copain des enfants. Annette, la voisine, prend l’habitude de venir dans la cour et s’extasie devant l’animal qui vient manger dans sa main.

Mais on continue pourtant de savourer le civet tous les dimanches dans cette famille.

Louis livre toujours et est devenu un familier de la maison. Ce qui est curieux, c’est que ses lapins sont tous identiques, de forme et de couleur. Tous blancs et bien râblés. Cependant, si on y regarde bien, le Jeannot de la cour les surpasse tant il est bien nourri par la maison.

Les enfants n’ont qu’une peur, c’est que leur papa confonde un jour leur Jeannot avec le nouveau du samedi.

– Mais non, dit Aline, papa fera très attention.

Toujours est-il, qu’un samedi, Aline entend ses enfants crier :

« Maman, maman, papa est en train de tuer Jeannot lapin »

Aline se précipite à la fenêtre du premier étage qui donne sur la cour, voit ses trois enfants agglutiner à la fenêtre du second étage où se trouvent leurs chambres, puis plonge le regard dans la cour où déjà le lapin ligoté, mais encore vivant, pend tête en bas à la potence. Un doute la saisit tout de même et elle interpelle son mari avant que le couteau…

– Hervé, es-tu sûr que c’est bien le nouveau ? Les enfants ont peur que tu ne tues leur Jeannot.

– Enfin, Aline, c’est le bon. L’autre est dans la cour.

Bien sûr que l’autre est dans la cour et cela rassure Aline qui, à nouveau, calme et raisonne les enfants.

Ce dimanche, le civet est particulièrement excellent. Hervé félicite sa femme et les enfants finissent tous leurs assiettes.

Le lundi, Annette vient voir Jeannot pour le faire manger dans sa main. Elle l’appelle, mais Jeannot ne vient pas.

– Qui a-t-il donc avec Jeannot ?

– Je ne sais pas trop. Il est un peu boudeur depuis samedi. Regarde ! Hervé a laissé la dépouille du nouveau sur la potence. Cela doit le rendre craintif.

Et c’est vrai que Jeannot lapin n’est plus du tout le même. Il fuit toute approche et se cache sous le figuier dès que quelqu’un rentre dans la cour.

– Bon Dieu, Hervé, il nous fait une dépression nerveuse.

Le temps passe. L’été commence à donner de grandes chaleurs. Un jour de forte canicule, Aline trouve le lapin de la cour étendu raide près du figuier.

Elle monte précipitamment à l’étage rejoindre son mari pour lui raconter sa découverte.

– Ciel ! Jeannot est mort.

Hervé fils esquisse un petit sourire en regardant Aline.

– Ne te catastrophe pas tant que cela, Aline. Ce n’est pas le Jeannot.

– Comment cela, ce n’est pas le Jeannot ?

– Eh, bien ! Je peux te l’avouer maintenant : le jour où les enfants ont crié après moi, ils avaient bien raison.

– Quoi ? Tu as tué le Jeannot.

– Oui, bien sûr. Le nouveau qu’avait apporté Louis ce samedi-là était bien maigrelet. Quand j’ai vu Jeannot à côté, cela m’a paru évident.

– Alors, le dimanche, on a tous mangé…

– Oui, Aline.


Le temps passe. Louis a vendu sa ferme et est venu s’installer près du bourg. C’est plus confortable et plus pratique. Néanmoins, il a gardé un bout de terrain le long de l’Aveyron où il cultive des légumes qu’il vend au marché du dimanche. C’est là qu’Aline le retrouve. Ils bavardent toujours avec plaisir de tout et de rien. Elle lui achète ses oignons ficelés en grappe, la natte d’ail, du persil et des haricots à la saison. Il lui offre un bouquet de roses qu’il sort d’un pichet rempli d’eau. Mais il ne fait plus le lapin.

– J’en ai encore dans les clapiers à Barriac, mais uniquement pour ma consommation personnelle.

Alors, Aline, pour le repas dominical, s’est rabattue sur le poulet qu’elle achète tout rôti chez le marchand d’œufs.

Un dimanche, Younn, le fils (et le petit-fils), téléphone à Aline :

– Maman, il faut absolument que tu me dépannes.

– Ah bon !

– Va voir Louis et demande lui s’il ne peut pas prendre un lapin dans son clapier. Je t’expliquerai plus tard.

Aline s’empresse d’aller voir Louis.

– Louis, j’ai reçu un coup de fil de Younn. Ils arrivent de Bordeaux pour les vacances. Younn demande si tu ne lui prendrais pas un lapin.

– Younn a un lapin !

– Écoute, Louis, je ne sais pas pourquoi. Il ne m’a rien dit. Peux-tu le prendre, ce lapin ?

Le visage de Louis s’éclaire à la perspective de rendre service et aussi d’avoir l’animal.

– Oui, bien sûr, il peut compter sur moi.

Avant la fin du marché, la voiture de Younn se gare devant la maison d’Aline. Une petite fille en pleurs enserre dans ses bras une cage où il y a, mais oui, un lapin, un Jeannot.

– Je ne veux pas qu’on me prenne Jeannot.

– Mais voyons, on va le donner à Louis. Ne t’inquiète pas, il s’occupera bien de ton lapin. Il ne vend plus les lapins sur le marché. Il les garde pour lui.

– Mais alors, mamie, il ne va pas le manger.

– Non, bien sûr, puisque je te dis qu’il les garde pour lui.

Comme convenu, après le marché, Louis se rend à la maison d’Aline et en repart, la mine réjouie, avec la cage contenant le lapin de la petite. Louis est enchanté. Cela lui fait un lapin de plus à s’occuper, pour sa consommation personnelle, bien sûr.

Des années après, lorsque le sujet est évoqué, la jeune fille se souvient de son grand chagrin :

– Papa, Mamie, vous êtes tous des cruels ! Je suis sûre, oui, je suis sûre que Louis a mangé mon lapin.

À supposer que Louis ait mangé le lapin, est-ce vraiment chose à dire à la petite ? Et puis, il peut y avoir doute. Ne sait-on pas que Louis a horreur de tuer les lapins. Toute vérité est relative. Laissons celle-ci dans la cage plutôt que d’en faire étalage.


Et voilà la quinzième journée de décembre. Elle vous a plu? Vous avez une pensée à ajouter? Une chanson? Une pensée? Dites-le nous! On fait ça pour vous et on aime vous faire plaisir, donc laissez nous un commentaire, un email ou un message et on fera ce qu'on peut.

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