UNE PENSÉE POSITIVE


L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit.



DIY DU JOUR ..... Une carte de voeux brodé!




TIRAGE AUX GOURMANDISES

Félicitations à domvaste@gmail.com le gagnant du jour pour une gourmandises au BaZart.Café!




COUP DE COEUR DU TRACTEUR SAVANT


INCROYABLE!


Une BD tout public, tour à tour émouvante, drôle, touchante. Un hymne à la vie !


Incroyable ! de Zabus & Hippolyte, ed. Dargaud, 21


Librairie Le Tracteur Savant

5a, place de la Halle

82140 Saint-Antonin-Noble-Val

Tél: 07 82 55 72 27

Email: letracteursavant@gmail.com

Site : www.letracteursavant.com

La librairie est ouverte:

du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et le dimanche de 9h à 13h






CRÉATEUR-TRICE À CONNAÎTRE

Carolina Mazzolari

Textile abstrait qui tente de rendre le souvenir et l'inconscient autant physique que concret.

https://www.carolinamazzolari.com/


LE SAVIEZ-VOUS? de l'office de tourisme

Il y avait des remparts à Saint-Antonin ! Ils furent détruits après le passage de Louis XIII qui assiégea la ville en 1622 pour réduire les protestants à l'obéissance.



L'HISTOIRIETTE DE EVELYN BOUSSARD &Co.

Les Cloches


Ce sont de petites histoires, des historiettes, si l’on veut, colportées lors d’une génération et qui témoignent de la vie d’une époque pratiquement révolue, des histoires, pour soulever les mémoires, lever un sourire, provoquer un rire. Ceux qui les racontent les ont vécues ou en ont gardé le souvenir de leurs parents, de leurs amis, de leurs voisins. Elles n’ont qu’une valeur relative, venant « du bouche-à-oreille » qui peut être facilement enjolivé ou déformé. En voici une première qu’on aurait pu servir à Pâques : celles des cloches.


C’était à l’époque où St Antonin regardait la télévision, mais seulement sur trois chaînes, où le téléphone était fixe et où on avait du temps libre pour occuper les heures qui passaient.

Sévissait alors sur la commune une petite bande de copains qui avaient bien atteint la quarantaine et qui se réunissaient tous les soirs à la halle autour d’une bière fraîche pour fomenter quelques coups.

Parmi eux, un artiste de renom bien connu aussi pour sa gouaille, un « richisssime » américain, le fils d’une très respectable commerçante du village et enfin, l’admirable préposé aux ordures de Toulouse, natif de St Antonin, toujours vêtu de son uniforme orange décoré d’une médaille pour avoir sauvé pendant son service une pauvre femme qui se noyait dans la Garonne et qui, invariablement, se présentait devant vous avec un large sourire en disant :

« Ordures ménagères de Toulouse », comment allez-vous ?

Dans la rue Guillem Peyre qui était, avant le réchauffement climatique, l’une des plus froides du village, avec ce courant d’air glacial qui passait sous le beffroi, un « estranger », c’est-à-dire un qui n’est pas du pays (bien français, mais pas St Antoninois), s’évertuait à restaurer une ruine presque juste en face de la caserne des Anglais qui n’avait pas encore connu de réhabilitation et qui échangeait ses fantômes avec les maisons limitrophes toutes pratiquement inhabitées. Pour se réchauffer un peu, à la pause, et chercher d’autre compagnie, notre estranger allait prendre un café à la halle où il retrouvait nécessairement un de la bande dont nous parlions.

C’est donc par un petit matin particulièrement frais qu’il s’assit avec un des compères et lui montra la trouvaille sortie de ses excavations : un petit écu qui pouvait bien dater du moyen-âge. Il faut dire qu’il n’y avait rien de tel pour enflammer l’imagination des St Antoninois. La chasse au trésor était un sport communal pratiqué sans doute depuis les guerres de religion où les protestants cachaient leurs biens des catholiques dans les tréfonds des caves ou des jardins intérieurs.

L’affaire fut traitée le soir même par la bande réunie au grand complet. L’estranger, que nous allons surnommer « Guilhem » pour plus de facilité, fut aimablement invité à la table. On lui servit une bière. Il fut chaudement félicité pour sa trouvaille. Puis les voix chuchotèrent longuement et s’étouffèrent en expirs de conspiration. Notre gars quitta la bande et se permit un sourire discret dès qu’il fut à l’abri du Beffroi. Déjà, il avait juré de se taire.

Peu de temps s’écoula avant que notre Guilhem se présente à la mairie un rouleau à la main. Il demanda à voir le maire en personne pour quelque chose d’importance. L’affaire de l’écu trouvé chez lui avait déjà fait le tour du village et c’est avec bienveillance que le maire prit son temps pour le recevoir. Guilhem déroula de suite, précautieusement, devant le maire ébahi, le rouleau qu’il détenait.

— Voici, monsieur Le maire, ce que j’ai trouvé en démolissant un mur de ma cave.

— Mais, voyons, monsieur, il me semble que c’est un parchemin.

— Vous croyez

— Je pense, il est d’un aspect très ancien. Voyons ce qui est écrit.

— Oh ! Je crois que c’est une histoire de cloches.

— Mais, vous avez raison. Bon Dieu ! Les cloches de St Antonin.

Le maire devint rouge d’excitation.

— Oh ! Vous ne pouvez savoir l’importance de la trouvaille que vous venez de faire. Ciel ! On va retrouver les cloches. Il y a tous les détails pour nous permettre de les déterrer de l’endroit où elles ont été cachées. Cher monsieur, m’autorisez-vous à conserver ce parchemin qui a grande valeur pour la

commune. Nous allons bien sûr le faire expertiser. Merci, monsieur, merci au nom de tous nos concitoyens.

Notre Guilhem s’en fut chez lui par la rue Cayssac, la tête baissée pour dissimuler un petit rire qu’il fallait bien masquer. Il l’avait juré !


L’affaire du parchemin ne mit pas beaucoup de temps à s’ébruiter dans tout le village et à émouvoir les bons St Antoninois de souche qui s’enorgueillissait de leur histoire.

— Nos cloches, qu’on avait cachées à la révolution, qu’on n’arrivait pas à retrouver, eh bien ! On va pouvoir les déterrer.

Le parchemin fut soumis à plusieurs expertises et s’avéra authentique.

Guilhem et la petite bande en discutèrent le soir, tout haut, en buvant la deuxième bière, avec tout le sérieux qu’ils pouvaient se permettre.

— Il paraît qu’ils vont envoyer une excavatrice dans les jours qui viennent.

— Oui, oui. Ils ont pris les mesures derrière le couvent.

— Ce serait bien d’aller tous voir ça. Ce n’est pas tous les jours qu’on déterre des cloches.

— Oui, d’habitude, on les fait plutôt sonner !

Et tous de s’esclaffer à qui mieux mieux.


L’affaire du parchemin prit vite de l’ampleur. L’espoir de retrouver les cloches s’empara de tous les esprits. Les autorités départementales suivirent l’évènement. Il y eut même un géologue et un historien distingués qui s’émurent de la trouvaille et se déplacèrent pour examiner ledit document. Enfin cela prit une tournure quasi officielle qui dépassait les limites de la municipalité. Le Tout-St Antonin se rengorgeait. On allait donner de l’histoire à ceux de Caylus, pardi.

À la halle, nos compères avaient cessé de rire gras. On pouvait observer qu’ils avaient une mine déconfite, presque effarée, surtout le fils de la commerçante et l’artiste de renom. Pourtant, ce n’était pas leur genre. On se demandait bien pourquoi dans la jubilation qui régnait.


Un matin, une énorme pelle mécanique se posta derrière le couvent des génovéfains, sur l’actuelle place de la mairie, là où le parchemin indiquait la cache. Tout commença l’après-midi en présence de monsieur le maire, de monsieur le curé et de bon nombre de concitoyens. Des hommes munis de détecteurs de métaux sondaient la zone avec bien du succès. L’engin se mit enfin en marche dans un bruit assourdissant, soulevant terre, pierres, beaucoup de ferraille de toutes sortes, des cerclages de roue de charrette, de tout sauf les cloches.

— Creusez, creusez ! ordonnait le maire pour lequel il était important d’aboutir. Il est dit que le ridicule ne tue pas, mais tout de même, son prestige était en jeu.

On continua à explorer avec les détecteurs de métaux. La pelle mécanique finit par travailler toute la place qui ressembla bientôt à un énorme gruyère tant il y avait de trous. La poussière était dense et se propageait au-delà du lieu. Hélas, point de cloches.

Il fallait bien se rendre à l’évidence et arrêter la mécanique. Le maire quitta les lieux et

la foule se dispersa en murmures désappointés.


Pourtant le parchemin avait été authentifié. Le maire en fut tout déconfit. La petite bande se tint tranquille pendant un certain temps puis tous ces bons copains lâchèrent peu à peu une certaine inquiétude et finirent par se gausser de l’affaire en toute tranquillité. Les bons St Antoninois qu’on avait ainsi joués finirent par rire sous cape du tour qu’on leur avait fait. Il fut dit en catimini que le parchemin était l’œuvre du fils de la si respectable commerçante, lequel s’y connaissait en sutures de tout genre et de l’artiste qui était expert en texture et couleurs. La supercherie ne fut jamais découverte officiellement. Le « Guilhem » osa redemander le parchemin à la mairie mais il fut éconduit vertement.

Ce qui est sûr, c’est que, dans cette affaire, on avait fait sonner des cloches, mais pas celles du curé !



P.S. D'autres vont suivre. Il y a tout un team qui s'en occupe. Ce sont

vraiment des histoires locales, du bon vécu. Cela nous amuse de nous les

raconter.



Et voilà la deuxième journée de décembre. Elle vous a plu? Vous avez une pensée à ajouter? Une chanson? Une pensée? Dites-le nous! On fait ça pour vous et on aime vous faire plaisir, donc laissez nous un commentaire, un email ou un message et on fera ce qu'on peut.

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