UNE PENSÉE POSITIVE

Vous n'arrêtez pas de danser quand vous vieillissez, vous vieillissez quand vous arrêtez de danser!



DIY DU JOUR... Idée carte de voeux!




TIRAGE AUX GOURMANDISES

Felicitations a milourabe@gmail.com le gagnant du jour pour une gourmandises au BaZart.Café!



COUP DE COEUR DU TRACTEUR SAVANT


Les adultes ne font jamais ça



C’est bien connu, les adultes (contrairement aux enfants qui eux, sont nuls) ne se mettent jamais en colère, ne disent jamais de gros mots, ne remettent jamais à plus tard le travail à faire… La preuve en images (qu’on adore) avec cet album !


“Les adultes ne font jamais ça” de Davide Cali et Benjamin Chaud, éd. Hélium


Librairie Le Tracteur Savant

5a, place de la Halle

82140 Saint-Antonin-Noble-Val

Tél: 07 82 55 72 27 Email: letracteursavant@gmail.com Site : www.letracteursavant.com

La librairie est ouverte:

du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et le dimanche de 9h à 13h



CRÉATEUR-TRICE À CONNAÎTRE

Tatter Blue Library

Une organisation dédiée à la découverte et la célébration du tissu dans le rôle essentiel de la vie de tous les jours.

https://www.tatter.org/library


LE SAVIEZ-VOUS? de l'office de Tourisme

Avant d'être dédié au septième art, le cinéma de Saint-Antonin était un hôtel et un casino. Il a été construit au XXe siècle dans le cadre d'un projet de ville thermale.



L'HISTORIETTE DE EVELYN BOUSSARD & CO

La permanente de monsieur Auduy


Annette est venue voir Aline ce matin.

— Viens donc cet après-midi. On va essayer la voiture avec ma mère.

— Ta voiture !

— Ah ! Je ne te l’avais pas dit. J’ai acheté une Ami6 d’occasion à Veyssière*.

— Bravo, Annette !

— Bon, il faut que je me remette à la conduite. Cela fait bien trente ans que je n’ai pas pris le volant.

— Ciel ! Et tu vas pouvoir ?

— Ne t’inquiète pas, j’ai ma bonne amie Dou qui va me servir d’instructeur.

À l’heure dite, Aline rejoint la rue du Pont de l’Aveyron qui longe l’église. Annette, la vieille mère et Dou sont toutes trois postées devant une Ami6 blanche qui paraît en bon état. Annette est sur son trente-et-un et la vieille mère arbore une coiffure impeccable.

Mais comment fait-elle pour être aussi bien coiffée tout le temps à son âge ? se dit Aline.

C’est vrai que le coiffeur, ce brave Auduy, tient son salon en face de l’église, à deux pas de la maison d’Annette. Un gentil voisin que celui-là avec sa femme. Il a appris à Aline qu’on peut dégeler les canalisations par grand froid avec un sèche-cheveu. Et c’était un conseil bien utile quand il a fait moins 20 degrés cet hiver. Le problème, c’est qu’il faudrait des dizaines de sèche-cheveux pour les canalisations de la maison d’Aline. Mais enfin, un conseil est toujours bon à prendre. En tout cas, la permanente de la vieille mère est une vraie merveille. Bravo, monsieur Auduy !

Tout ce monde monte dans la voiture, Annette et Dou devant bien sûr, la vieille mère et Aline derrière. C’est vrai que le démarrage est laborieux. Enfin, on y va tout de même, rasant dangereusement les voitures qui sont garées entre les contreforts de l’église. Aline retient son souffle lorsque l’Ami 6 frôle sa carrosserie. Ouf ! c’est passé. Le véhicule monte la rue Cayssac avec des soubresauts et tourne raide à gauche en écornant une bicyclette garée devant la boulangerie Tabarly qui fait angle et qui garde sa vitrine. Nous voici à la halle et nous poursuivons par la Pélisserie qui était avant dans les deux sens et où deux bicyclettes sont fauchées au passage. Roulons ! Dou veut rejoindre au plus vite le boulevard et des endroits moins fréquentés, cela se comprend. Annette au volant, c’est comme une tueuse. Elle en veut, de l’espace, du mouvement et de la liberté. Après tant d’années où elle ne pouvait se permettre ce genre d’exercice, il faut comprendre et rester indulgent. Donc, Aline garde son souffle et maîtrise ses exclamations.

La voiture arrive devant le collège :

— Ralentis, Annette ! Oui, c’est bien. Passe en première maintenant ! Tourne vers Shopi et prends la Rodanèze !

Bouh ! Où va-t-on ! La côte de la Rodanèze est redoutable de raideur dans sa première partie. Est-ce que Annette va réussir l’exploit ? L’Ami6 passée en première entame la côte et arrive presque sur Shopi.

— Passe la seconde !

Ça, c’est un peu trop. On cale.

Dou se charge du frein à main. Annette a les yeux devant, comme la gamine qui voit le père Noël. Rien ne peut lui résister. Elle arrive à redémarrer en côte et tant bien que mal à monter le Deymié. On passe le générateur électrique ; Aline ne peut plus regarder. La route du Causse qui suit le ravin sur la gauche lui donne le vertige avec Annette au volant. La vieille mère est rigidifiée sur son siège. Enfin, on arrive au parking devant les chemins de randonnée.

— Demi-tour, on rentre. Ça suffit pour aujourd’hui !

C’est sans doute ce que la vieille mère et Aline pensent l’exprimer.

La descente est plus facile, sauf qu’Annette a l’air de s’enivrer au volant et prendre goût à la vitesse.

— Calme-toi, Annette. Prends le temps !

Le temps qui a mangé les plus belles années de sa vie. Ah ! Que non ! Annette, le regard toujours fixé devant elle, les mains rivées au volant veut accélérer le temps. On repasse le ravin à vive allure. Houh ! On est toujours vivant. Le visage de la vieille mère est de cire.

Pourvu qu’elle ne s’évanouisse pas ! se dit Aline. Annette en perdrait ses moyens et nous voici toutes dans le ravin.

Mais bon ! On arrive sans dégât devant le transformateur et Annette réussit son virage et amorce les dernières descentes du Deymié. On passe enfin Shopi. Aline respire enfin quasi normalement.

— Attention ! Annette, tu as un stop en bas.

Que se passe-t-il alors ! Annette anticipe un peu trop l’arrêt, freine brutalement et cale. L’Ami6 est prise d’un soubresaut terrible qui propulse toutes les têtes à l’avant. Aline et la vieille mère reviennent ensuite brutalement en arrière. Une chose duveteuse atterrit alors sur les genoux d’Aline et une main rapace s’en saisit aussitôt. Aline la suit du regard et n’a que le temps de la voir recoiffer le crâne d’oiseau déplumé de la vieille mère. Une perruque, c’était donc une perruque qui seyait si bien à la mère d’Annette, et non les permanentes de ce brave Auduy,.

Il fallut à Aline bien des efforts pour réprimer le fou rire qui la gagnait et rester impassible à l’exemple de sa voisine qui reprit bien vite toute sa dignité.

La carrière de conductrice d’Annette s’acheva dans un fossé dont elle ressortit indemne, mais pas l’Ami6 qui finit la sienne chez Veyssière. Mais au moins, toutes deux avaient pris du plaisir et de la liberté.


* Veyssière était à l’époque un des deux garagistes de St Antonin avec Blatger et son garage donnait sur la place St Michel, juste après le pont de l’Aveyron.



Et voilà la vingtième journée de décembre. Elle vous a plu? Vous avez une pensée à ajouter? Une chanson? Une pensée? Dites-le nous! On fait ça pour vous et on aime vous faire plaisir, donc laissez nous un commentaire, un email ou un message et on fera ce qu'on peut.

Le BAZART






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