UNE PENSÉE POSITIVE


S'aimer soi-même est le début d'une histoire d'amour qui durera toute une vie.







TIRAGE AUX GOURMANDISES

Felicitations a catbuisson53@hotmail.com le gagnant du jour pour une gourmandises au BaZart.Café!



LIVRE DU JOUR DU TRACTEUR SAVANT


N’oublie pas ton rêve


Bernard s’efforce de ressembler aux autres lapins mais au fond, son rêve est tout autre : c’est un lapin disco et il est bien décidé à se montrer tel qu’il est vraiment !

Un très bel album drôle et léger sur la différence et l’affirmation de soi.


“N’oublie pas ton rêve” de Simon Philip et Kate Hindley, Ed. Little Urban, 13.50€


Librairie Le Tracteur Savant

5a, place de la Halle

82140 Saint-Antonin-Noble-Val

Tél: 07 82 55 72 27 Email: letracteursavant@gmail.com Site : www.letracteursavant.com

La librairie est ouverte:

du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et le dimanche de 9h à 13h



CRÉATEUR-TRICE À CONNAÎTRE

Trish Anderson

Fibre et installation, son travail est vivant et plus grandiose que la vie elle-même.

https://www.trishandersenstudio.com/



LE SAVIEZ-VOUS? de l'office de Tourisme

A Saint-Antonin, l'exportation des prunes est attestée depuis le Moyen Âge. Mais la guerre qui oppose notamment la France et la Hollande (XVIIe siècle) met fin à ce commerce par voies maritimes, le dernier à l'échelle internationale.



l'HISTORIETTE DE EVELYN BOUSSARD & CO

La Couleuvrine


Toute l’histoire remonte au siège de Louis XIII devant « l’orgueilleuse » citée de St Antonin conquise par la réforme et qui, ceinte de ses remparts qui la disaient inexpugnable, se « targuait » de sa liberté de pensée et de croyance. Le jeune Louis mit quinze jours à vaincre celle qu’il comptait conquérir rapidement. Ses généraux mirent en place des petits canons mobiles, appelés couleuvrines, sur le causse du Calvaire et celui du Deymié. St Antonin répliqua et une de ses couleuvrines se chargea d’envoyer un boulet qui faillit blesser notre jeune roi.

Il y avait de quoi enrager Sa Majesté, n’est-ce pas, laquelle s’empressa, victoire acquise, de faire raser les remparts de la cité rebelle.

Toujours est-il qu’en témoignage de ce siège, il restait une couleuvrine. Était-ce celle du roi ou celle de St Antonin ?

J’opterai pour que ce petit canon - conservé tout d’abord par Caylus, la catholique- soit un trophée de guerre symbolisant la victoire du roi. Car, comment expliquer autrement qu’il ait attisé la rivalité entre les deux cités à travers les siècles ?

En effet, pendant cette guerre-guerre entre parpaillots et culs blancs, cette couleuvrine, montée sur un chariot en bois, a subi des rapts fréquents qui la virent quitter l’église St-Jean -Baptiste de Caylus pour le Beffroi de St Antonin et vice-versa.

Une pause se fit à travers les temps et on put la voir en permanence sous une arche du Beffroi, gardé à l’époque par Monsieur de Lastic qui en était l’aimable et bénévole conservateur.

Or, il y a bien une cinquantaine d’années, dans les années 70, un St Antoninois, surnommé Ritsou, fit un faux pas en courtisant la damoiselle Josh de Caylus et poussa l’affaire jusqu’au mariage. Diable, cela émut bien des consciences. On ne frayait pas jusqu’à présent avec le village voisin.

Ritsou, l’enfant du pays, enterra sa vie de garçon comme il se doit avec sa bande de camarades qui le suivaient depuis la maternelle. Le jour dit, l’avant-veille du mariage, ils s’entassèrent à dix dans deux voitures et prirent la direction de Septfonds où se trouvait « Les deux Cèdres », une boite de nuit ultérieurement nommée « Galaxy », unique lieu de défoulement pour les jeunes de la région.

Jusqu’ici, tout va bien. On rit, on boit, on blague. La suite est une tout autre affaire. Cela commence lorsque, un kilomètre après Septfonds, l’on feint de rater le tournant vers St Antonin et qu’inexorablement, on se dirige vers Caylus, la cité « ennemie ». Notre Ritsou n’a pas le temps de s’en émouvoir. De toute façon, ses compagnons se sont bien chargés d’assouplir sa conscience dans l’alcool. La troupe arrive vers 3h du matin sur la place de la mairie de Caylus, gare les deux voitures et met pied sur le parvis.

Ils ne savent pas au juste ce qu’ils vont pouvoir faire pour enrager les Caylusiens. Il se trouve que le laitier, chargé de collecter les bidons de lait dans les fermes alentour, a stupidement laissé son camion sur la place avec les portes arrière entrebâillées. À l’intérieur, une vingtaine de ces gros bidons en fer blanc munis de deux anses et d’une chaîne pour tenir le bouchon. Un de la troupe, un certain Kanlou, fort et beau gaillard, bien campé sur ses longues jambes, s’en aperçoit, ouvre les battants, secoue un bidon et alerte ses camarades :

- Venez voir, les bidons sont vides. Et si on les balançait ?

C’est la superbe idée de l’enterrement de vie de garçon de ce pauvre Ritsou. Il y a unanimité sur le projet. Notre cher Kanlou mène l’opération avec grande délicatesse pour les Caylusiens, tous endormis au chaud de leurs couvertures de laine piquées.

- Voilà, on vide le camion. Chacun, à l’exception de Ritsou (qui n’est pas trop en l’état), prend un bidon et se poste en haut de la rue droite. Nous sommes neuf. Donc on va envoyer neuf bidons. Sitôt fait, on grimpe tous dans les voitures. C’est compris !

- Oui, chef ! c’est compris.

À la queue le leu, les petits gars de St Antonin se positionnent deux par deux. Au signal, les premiers envoient leurs bidons qui dévalent la rue pentue en s’entrechoquant pour rebondir

ensuite sur les murs des maisons. Les autres bidons sont lancés et un tintamarre assourdissant résonne dans la cité endormie qui finit par s’ébrouer. Des lumières s’allument. Des fenêtres commencent à s’ouvrir. Les derniers bidons rejoignent le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste alors que les dix petits gars de St Antonin claquent les portes des deux voitures et à nouveau, s’y entassent.

- Allons faire un tour d’honneur ! Propose le Loupiau, un autre fort à bras de la troupe.

Les deux voitures, à la suite des bidons, actionnant un klaxon à deux tons, très proche de la sonorité de celui des pompiers, descendent la rue droite. Les Caylussiens sont maintenant à leur fenêtre et vocifèrent contre ces bandits, sûrement de St Antonin. Après l’église, au bas de la rue Droite, les voitures tournent à gauche pour rejoindre la nationale et revenir sur la place de la mairie. C’est la première boucle. On se dépêche maintenant pour entamer la deuxième, car la population est tout à fait réveillée. Des Caylussiens sont sortis de leur maison et coursent les voitures avec l’espoir d’en arracher un des occupants.

- S’ils nous avaient attrapés, nous dit Kanlou, des années après, ils nous auraient lynchés.

Les joyeux lurons prennent alors la direction de St Antonin et gagnent le village par des petites routes de traverse. Tout ce beau monde regagne pénates sans représailles et s’endort béatement dans des vapeurs d’alcool.

Le lendemain, veille de la noce, Caylus est en état de guerre. La gendarmerie est prise d’assaut par des gens qui déposent des plaintes pour ce tapage nocturne et veulent absolument qu’on attrape les coupables. Le maire rougit de fureur devant l’affront fait à sa commune. Dans la famille de la future mariée, c’est la consternation. St Antonin est sommé d’envoyer ces bandits de parpaillots (ce n’est pas sûr qu’il y en eut même un dans le lot) à la gendarmerie de Caylus. Le capitaine de gendarmerie de St Antonin qui a plutôt l’habitude de réprimander les écoliers qui chapardent les cerises dans les jardins, est désemparé par la tournure qu’a prise l’affaire et défend mollement le village. Sur ordre du maire, tout de même, il fait son enquête et procède à l’arrestation de la bande à Kanlou. Le panier à salade cueille un à un les fautifs qui se réveillent sous l’emprise d’une bonne gueule de bois. Le pire est Ritsou à qui il faut expliquer l’affaire. Les St Antoninois, vite informés de l’évènement du jour, prennent parti pour les leurs, bien sûr. Quand le panier à salade passe dans le centre, c’est tout juste si la bande n’est pas ovationnée. Les Kanlou, Loupiau, Ritsou et autres, ne manquent pas de saluer au passage, à travers les portières vitrées du véhicule de gendarmerie, les connaissances qui se tordent de rire et les applaudissent. Mais à Caylus, tout le monde fait profil bas. Il y a noce le lendemain. Deux d’entre eux sont garçons d’honneur et Ritsou, le futur époux d’une Josh éplorée qui a supplié les gendarmes de passer outre pour sauver la cérémonie de leur mariage. Tant et si bien que l’affaire est enterrée, après moult semonces, s’entend.

Le mariage de Josh et Ritsou put avoir lieu même si ce fut dans une atmosphère un peu tendue des deux côtés des familles et des amis.

Les Caylusiens auraient pu en rester là. Mais, environ un mois plus tard, ils s’introduisirent de nuit dans St Antonin, ravirent la Couleuvrine du siège de Louis XIII pour laver l’opprobre fait à leur village et l’exposèrent sur la place de la mairie de Caylus. Le lendemain, il y eut des déclarations de triomphe, une coupure de presse dans la Dépêche et surtout, la fierté retrouvée.

Là, on n’est plus dans le registre d’une partie de rigolade. Une Couleuvrine chargée de l’histoire du pays, peut-être celle dont le boulet a failli blesser le roi Louis XIII, contre des bidons de fer blanc, cela représentait une atteinte grave au village de St Antonin. Le maire indigné, furieux et déterminé somme Caylus de rendre le canon. Caylus refuse. Le maire n’en démord pas, porte l’affaire en haut lieu et obtient gain de cause.

Un matin, en plein jour, la Couleuvrine est déchargée sur le parvis du Beffroi par des Caylusiens qui en clament toujours la propriété. Une frontière fictive entre les deux communes fut établie au Barry Du Cas par les Caylusiens qui humiliaient les St Antoninois de passage dans leur commune en leur demandant s’ils avaient bien sur eux le visa du Barry.

Les Caylusiens et les St Antoninois apaisèrent progressivement leur fureur réciproque dans les mêlées de rugby des matchs inter-villages.

La Couleuvrine qui s’habituait à tant d’aventures coule désormais des jours tristes dans le Beffroi dorénavant fermé au public. Personne ne la revendique. Josh et Ritsou vivent toujours heureux, entourés de leurs enfants et petits-enfants.





Et voilà la vingt-quatrième journée de décembre et la dernière journée de notre calendrier de l’avent. Merci pour vos yeux et votre soutien et à l'année prochaine.


Le BAZART

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